Justice sans châtiment : Les commissions Vérité-Réconciliation PDF

Le Tribunal international n’a pas pour mission d’analyser toutes les causes historiques, politiques, sociologiques et économiques qui ont convergé pour donner naissance à la guerre.


A une époque où la loi pénale semble devenir de plus en plus répressive, il peut paraître provocateur de parler de justice sans châtiment. Et pourtant, à côté de cette vague de sévérité, tout un courant libéral vise à l’atténuation, voire à la suppression des châtiments. Le droit pénal est ainsi en constant déséquilibre entre la défense de l’ordre social et le respect de la personne humaine. Les crimes de masse, par la gravité des atteintes aux droits de l’homme et le nombre de victimes qu’ils comportent, sont alors comme une lentille grossissante de cette contradiction. Les commissions Vérité -Réconciliation constituent une tentative originale pour y remédier. Celle d’Afrique du Sud est la mieux connue, mais il en existe désormais plus de trente-cinq, principalement en Amérique du Sud et en Afrique, et il s’en crée trois au moins chaque année. Quel est leur objectif ? Comment fonctionnent-elles ? A quels problèmes permettent-elles de remédier ? Quel bilan en tirer ? Une des premières études en français portant sur cette méthode nouvelle pour affronter les crimes de l’histoire.

Il verrait la réconciliation comme un besoin de rétablir l’état de droit, d’établir des freins et des contrepoids au sein d’institutions telles que la police, et d’empêcher la répétition des infractions. Ces récentes déclarations de deux hauts dirigeants politiques sud-africains soulignent le cadre de développement dans lequel le processus de la CVR doit être compris. Inversement, les tribunaux aideraient le pays à internaliser et individualiser sa culpabilité.-}